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Tuber un conduit de cheminée : quand c'est nécessaire et comment se passe le chantier

Un vieux conduit maçonné est rarement prêt pour un poêle récent. Comment savoir s'il faut le tuber, quel tubage choisir et comment se déroule la pose.

Guide · 7 min de lecture

Publié le

En bref

Il faut tuber quand le conduit existant est trop large pour l'appareil, qu'il n'est plus étanche ou qu'il est abîmé. On y descend un conduit en inox, rigide ou flexible, du diamètre de la sortie de fumée de l'appareil, sur toute la hauteur. Pour du bois, ce tubage doit résister au feu de cheminée (lettre G) et sa distance aux matériaux combustibles doit être respectée.

Pourquoi un vieux conduit convient mal à un poêle récent

Prenez une maison de 1965 à Jambes. Le salon a sa cheminée d'origine, reliée à un conduit en briques qui traverse deux étages. Ce conduit a été construit pour un feu ouvert ou une chaudière au charbon, pas pour le poêle que vous voulez y raccorder.

Le SPW Énergie explique qu'un conduit prévu pour le charbon est trop large et offre trop de surface froide, ce qui favorise la condensation dans sa partie haute. Beaucoup de conduits ont été maçonnés en 20 x 20 cm par habitude, alors que les appareils modernes, feux ouverts mis à part, demandent une section bien plus petite. Buildwise, le centre technique belge de la construction, conseille pour un poêle à bois un conduit isolé du même diamètre que la sortie de fumée de l'appareil.

Le SPW Énergie déconseille aussi les anciens conduits maçonnés, qui risquent de se fissurer et de laisser passer la fumée. Reste le risque d'incendie : selon Buildwise, un conduit de poêle à bûches peut dépasser 300 °C en marche normale et peut atteindre 1 000 °C lors d'un feu de cheminée. Le même organisme attribue aux conduits de fumée 38 % des interventions liées à un incendie d'immeuble.

Sur le terrain, ces signes nous font presque toujours conseiller un tubage :

  • un conduit nettement plus large que la sortie de fumée de l'appareil ;
  • des joints qui s'effritent dans le grenier ou des taches brunes sur un mur à l'étage ;
  • une odeur de fumée dans une chambre quand le feu brûle en bas ;
  • un conduit qui a servi des années au charbon ou au mazout.

Rigide ou flexible : comment on choisit

Un tubage est un conduit métallique, le plus souvent en inox, descendu dans la cheminée existante. La norme européenne EN 1856-2 couvre ces conduits. Elle réserve les tubages flexibles à la rénovation ou à l'adaptation d'une cheminée existante ; les rigides peuvent aussi équiper une cheminée construite sur mesure.

Le rigide se monte par éléments droits emboîtés et demande un conduit bien rectiligne. Le flexible suit les déviations d'un conduit qui contourne une poutre ou un mur. Le SPW Énergie recommande de toute façon un tracé aussi droit que possible, avec au maximum deux dévoiements de 15°, 30° au plus.

Buildwise conseille un conduit isolé thermiquement, sans coudes inutiles, avec 4 à 12 m de hauteur entre le poêle et le débouché, sauf poêle à ventilateur d'amenée d'air. Le SPW Énergie demande enfin qu'un tubage flexible ne touche pas les parois de l'ancien conduit, dont les vieilles suies humides peuvent le ronger par l'extérieur. Chez Mister Bois, le choix se fait à la visite technique, conduit mesuré et inspecté sur toute sa hauteur.

Lire la désignation d'un tubage

Chaque élément de conduit porte une désignation, dont Buildwise détaille la lecture. Voici un exemple tiré de la documentation d'un fabricant : T600 N1 D V3 L50040 G50.

La norme générale des conduits de fumée, EN 1443, réserve les produits qui ne résistent pas au feu de cheminée au mazout et au gaz : pour du bois, il faut la lettre G. Buildwise exclut aussi la classe de corrosion V1 pour un poêle à bois.

Le nombre après le G est la distance de sécurité entre la paroi extérieure du conduit et tout ce qui peut brûler. Buildwise rappelle qu'elle ne vaut que dans la configuration testée : conduit vertical, posé avec les accessoires du fabricant. Sans marquage ni prescription du fabricant, les normes NBN EN 15287-1 et -2 servent de référence, avec au moins 375 mm pour un appareil dont les fumées dépassent 200 °C, comme un poêle à bois.

Lecture de la désignation d'exemple (sources : Buildwise, documentation d'un fabricant)
Lecture de la désignation d'exemple (sources : Buildwise, documentation d'un fabricant)
CodeCe qu'il indique
T600Classe de température, de T080 à T600
N1Classe de pression : N pour un conduit en dépression, P en pression
DRésistance aux condensats : D pour sec, W pour humide
V3Résistance à la corrosion : V1, V2 ou V3 après essais, Vm si déclarée par le fabricant
L50040Matériau intérieur (L50) et épaisseur en centièmes de millimètre
G50G : résiste au feu de cheminée (O : non) ; 50 : distance en mm aux matériaux combustibles

Attention. Une poutre en chêne collée au conduit dans le grenier est un classique des maisons anciennes. Buildwise signale aussi que la chaleur s'accumule dans les traversées et les gaines fermées : elles doivent rester ventilées.

Les références à respecter en Belgique

Pour un poêle de salon, les références sont surtout des normes techniques et la notice de l'appareil. Côté produits, EN 1443 fixe les exigences générales des conduits de fumée et EN 1856-2 vise les tubages métalliques, marquage compris.

Côté pose, Buildwise rappelle que les normes NBN EN 15287-1 et -2 demandent un débouché aussi haut que possible, et exclut toute sortie en façade. Pour un poêle à bois, il recommande une sortie au moins 50 cm au-dessus du faîte d'une toiture à versants, ou 200 cm au-dessus de l'acrotère d'une toiture plate. Buildwise les présente comme des recommandations de bonne pratique ; nous les appliquons sur nos chantiers.

Le tubage doit aller de l'appareil jusqu'au sommet. Test-Achats a relaté en 2023 le cas d'un insert dont le tubage s'arrêtait au plancher du grenier : l'association l'a jugé contraire aux règles de sécurité et de l'art, et les pompiers avaient rendu un avis négatif.

Pour l'entretien, Buildwise indique qu'aucune obligation légale n'impose le nettoyage du conduit d'un appareil décentralisé comme un poêle à bois, mais recommande une inspection annuelle et des ouvertures de nettoyage bien placées. Votre assurance incendie, votre bail ou la notice peuvent être plus exigeants.

L'air de combustion, l'autre moitié du chantier

Un poêle brûle de l'air autant que du bois. Buildwise conseille de préférer un appareil étanche, qui prend son air directement dehors ; sinon, la pièce doit avoir une amenée d'air permanente, et une hotte en marche peut faire refouler la fumée. La campagne wallonne La maîtrise du feu (AwAC et ValBiom) propose la même alternative : appareil étanche relié à l'extérieur, ou grille de ventilation près du foyer.

Prendre l'air dans l'espace libre autour du tubage ? Buildwise ne l'admet que pour une chaudière étanche dans une ancienne cheminée au gaz, sous conditions strictes, et recommande en général un conduit d'air spécifique. Pour un poêle à bois, nous posons un conduit d'air dédié. Avec une ventilation mécanique, lisez aussi notre article sur le poêle à bois et la VMC.

Les erreurs que nous voyons sur les chantiers

Elles viennent presque toujours d'un raccourci pris pour gagner du temps :

  • un tubage arrêté à mi-hauteur et raccordé à l'ancienne maçonnerie ;
  • un conduit désigné O, ou de classe V1, raccordé à un poêle à bois ;
  • un chevron plus proche du conduit que la distance inscrite dans sa désignation ;
  • une sortie de toit sous le faîte, avec des fumées qui retombent sur la façade ou chez le voisin.

Les étapes d'un chantier de tubage, côté client

  1. Demander une visite technique

    Nous examinons l'emplacement de l'appareil, la cheminée, le grenier et le toit, et mesurons section, hauteur et dévoiements du conduit. Prévoyez un accès dégagé au grenier.

  2. Valider le devis

    Il précise le type de tubage, son diamètre, sa désignation, l'isolation, la sortie de toit et l'arrivée d'air. Demandez la fiche technique du tubage : la lettre G et la distance aux matériaux combustibles doivent y figurer.

  3. Nettoyer l'ancien conduit

    Le conduit existant est ramoné avant la pose, pour que les vieilles suies n'attaquent pas le tubage.

  4. Poser le tubage

    Il est descendu depuis le toit sur toute la hauteur, fixé et fermé en tête. En pied, nous prévoyons le raccord vers l'appareil et une ouverture de nettoyage.

  5. Raccorder l'appareil et son air

    Le poêle ou l'insert est raccordé, puis l'arrivée d'air est posée selon la notice.

  6. Allumer le premier feu ensemble

    Nous contrôlons le tirage et l'absence de fumée dans la pièce, puis vous montrons les réglages. Gardez la facture, la fiche du tubage et la notice : votre assureur peut les demander.

Sources, vérifiées le 16 octobre 2026

Questions fréquentes

Mon conduit est en bon état : faut-il quand même le tuber ?

Pas forcément. Un conduit de la bonne section, étanche et prévu pour le bois peut convenir tel quel. Dans les maisons anciennes, c'est rare : le SPW Énergie note que beaucoup de conduits ont été maçonnés en 20 x 20 cm par défaut, une section trop large pour un appareil moderne. Nous tranchons après inspection.

Le tubage est-il obligatoire en Wallonie ?

Les normes de référence et la notice de votre appareil demandent un conduit étanche, prévu pour le bois et adapté à l'appareil ; votre assureur peut ajouter ses conditions. Dans un vieux conduit maçonné, le tubage est en pratique le moyen le plus courant d'y arriver.

Un conduit tubé doit-il encore être ramoné ?

Oui, un tubage s'encrasse comme tout conduit. Buildwise recommande une inspection annuelle, et votre assurance ou votre bail peut exiger un ramonage.

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