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En bref
Depuis le 1er janvier 2022, tout poêle, insert ou cuisinière à bois neuf vendu en Belgique doit respecter le règlement européen (UE) 2015/1185 : pour un appareil à bûches à foyer fermé, au moins 65 % de rendement saisonnier et au plus 40 mg/m³ de particules. Avant cela, l'arrêté royal belge du 12 octobre 2010 avait déjà serré la vis en trois phases, de 2011 à 2016. À l'achat, la notice et la fiche du fabricant donnent ces valeurs, l'étiquette énergie donne la classe.
Deux textes encadrent les appareils neufs
Quand vous achetez un poêle, un insert ou une cuisinière à bois neuf en Belgique, deux textes ont fixé, l'un après l'autre, le rendement minimum de l'appareil et ce qu'il peut rejeter par la cheminée. Le premier est belge : l'arrêté royal du 12 octobre 2010, pris en application de la loi du 21 décembre 1998 sur les normes de produits. Le second est européen : le règlement (UE) 2015/1185, dit Ecodesign, applicable depuis le 1er janvier 2022.
Les deux fixent des conditions de mise sur le marché. Ils visent ceux qui vendent, pas les ménages déjà équipés. Côté contrôle, l'inspection fédérale de l'environnement du SPF Santé publique cite les poêles à bois parmi les produits qu'elle vérifie. En cas d'infraction, elle peut faire cesser la vente, retirer ou rappeler les appareils.
L'arrêté royal de 2010 : trois paliers entre 2011 et 2016
L'arrêté royal a été publié au Moniteur belge le 24 novembre 2010. Il a durci les exigences en trois phases, entrées en vigueur un an, trois ans puis six ans après cette publication, donc fin 2011, fin 2013 et fin 2016. Les autorités compétentes sont la DG Environnement du SPF Santé publique et la DG Énergie du SPF Économie.
Pour les poêles (norme NBN EN 13240) et les inserts (NBN EN 13229), le texte distingue les appareils à fonctionnement continu et non continu. Les poussières sont mesurées selon la spécification technique CEN/TS 15883.
Phase : Phase I (fin 2011)
- Rendement minimum
- 65 % / 70 %
- CO maximum
- 0,8 % / 0,3 %
- Poussières maximum
- 300 / 100 mg/Nm³
Phase : Phase II (fin 2013)
- Rendement minimum
- 65 % / 75 %
- CO maximum
- 0,8 % / 0,12 %
- Poussières maximum
- 200 / 75 mg/Nm³
Phase : Phase III (fin 2016)
- Rendement minimum
- 65 % / 75 %
- CO maximum
- 0,8 % / 0,1 %
- Poussières maximum
- 150 / 40 mg/Nm³
Bon à savoir. Les poêles à granulés avaient leurs propres paliers, jusqu'à 85 % de rendement et 30 mg/Nm³ de poussières en phase III. Les foyers maçonnés qui ne peuvent pas fonctionner porte fermée sortent du champ de l'arrêté, et les cuisinières à bois ne figurent pas dans sa liste d'appareils.
Les seuils européens Ecodesign depuis le 1er janvier 2022
La Commission a adopté le règlement (UE) 2015/1185 le 24 avril 2015. Il s'applique depuis le 1er janvier 2022 aux appareils de chauffage décentralisés à combustible solide jusqu'à 50 kW. Avant cette date, un État membre pouvait encore autoriser des appareils conformes à ses seules règles nationales. Le texte fixe un rendement saisonnier minimum (le rapport entre la chaleur utile fournie sur une saison et l'énergie consommée pour la produire) et quatre plafonds d'émission : particules, composés organiques gazeux (COG, des imbrûlés), monoxyde de carbone et oxydes d'azote.
Le plafond sur les oxydes d'azote a une explication que le règlement donne lui-même : les appareils récents brûlent plus chaud, ce qui ferait grimper les NOx si rien n'était imposé.
Un poêle ou un insert à bûches relève de la deuxième ligne du tableau.
Type d'appareil : Foyer ouvert
- Rendement saisonnier minimum
- 30 %
- Particules
- 50 mg/m³
- COG
- 120 mgC/m³
- CO
- 2 000 mg/m³
- NOx (biomasse)
- 200 mg/m³
Type d'appareil : Foyer fermé, bûches et autres combustibles hors granulés
- Rendement saisonnier minimum
- 65 %
- Particules
- 40 mg/m³
- COG
- 120 mgC/m³
- CO
- 1 500 mg/m³
- NOx (biomasse)
- 200 mg/m³
Type d'appareil : Cuisinière
- Rendement saisonnier minimum
- 65 %
- Particules
- 40 mg/m³
- COG
- 120 mgC/m³
- CO
- 1 500 mg/m³
- NOx (biomasse)
- 200 mg/m³
Type d'appareil : Foyer fermé à granulés
- Rendement saisonnier minimum
- 79 %
- Particules
- 20 mg/m³
- COG
- 60 mgC/m³
- CO
- 300 mg/m³
- NOx (biomasse)
- 200 mg/m³
Ce que le règlement laisse de côté
Tout n'entre pas dans son champ. Restent dehors les appareils conçus pour la biomasse non ligneuse, ceux prévus pour l'extérieur, les poêles de sauna, les produits de chauffage de l'air, et les appareils qui ne sont ni assemblés en usine ni livrés en éléments préfabriqués par un seul fabricant. Un poêle de masse monté sur place par un maçon, avec des matériaux non préfabriqués, n'est donc pas concerné.
L'étiquette énergie, de A++ à G
Le règlement délégué (UE) 2015/1186 ajoute une étiquette énergie. Elle s'applique depuis le 1er janvier 2018 à la plupart des appareils, dont les poêles et inserts à bois, et depuis le 1er janvier 2022 aux appareils à combustible solide sans conduit ou ouverts sur un conduit de cheminée. Les classes vont de A++ (indice d'efficacité énergétique de 130 ou plus) à G (moins de 42).
Dans le calcul, la biomasse reçoit un coefficient de 1,45. La Commission l'a réglé pour que seuls les appareils à granulés puissent atteindre A++. Comparez donc les poêles à bûches entre eux, pas avec un poêle à pellets. Si c'est un poêle 100 % pellets qui vous intéresse, nous vous renvoyons vers notre site voisin, Mister Pellets ; chez Mister Bois, nous restons sur les bûches et les hybrides bois + pellets.
En magasin, l'étiquette doit être posée bien en vue sur la face avant de l'appareil, et toute publicité qui annonce un prix doit mentionner la classe. Elle affiche la marque, le modèle, la classe et la puissance. Aucune valeur d'émission n'y figure : pour les poussières, il faut la fiche technique.
Ce que cela change quand vous choisissez un appareil
Tout appareil neuf vendu aujourd'hui doit respecter les seuils du tableau européen. Entre deux modèles, regardez la marge : un rendement nettement au-dessus du minimum, des émissions nettement sous les plafonds. Le règlement oblige le fabricant à publier dans la notice et sur son site, pour chaque combustible admis, le rendement saisonnier et les émissions à puissance nominale. Voici ce que nous regardons avec vous sur la fiche :
- le combustible de référence : pour un poêle à bûches, la ligne « bûches de bois ayant un taux d'humidité ≤ 25 % » ;
- le rendement saisonnier ηs, à mettre en face des 65 % minimum ;
- les particules en mg/m³ à 13 % d'O₂, à mettre en face des 40 mg/m³ ;
- pour un poêle hybride bois + pellets, les valeurs de chaque combustible, puisque la fiche prévoit une ligne par combustible ;
- la déclaration de conformité à l'arrêté royal belge, qui doit être insérée dans la notice.
Attention. Comparez ce qui est comparable. L'arrêté royal exprime les poussières en mg/Nm³ selon la CEN/TS 15883, le règlement européen en mg/m³ à 13 % d'oxygène selon ses propres méthodes. Un « 40 » d'un côté et un « 40 » de l'autre ne se lisent pas forcément de la même façon.
Des valeurs de laboratoire, un feu chez vous
Les chiffres de la fiche sont mesurés sur banc d'essai, à puissance nominale, avec le combustible de référence. Chez vous, tout dépend du bois et des gestes. Un appareil trop puissant pour la pièce pousse à fermer l'air pour ne pas surchauffer la pièce, ce qui encrasse et pollue, explique la campagne wallonne La Maîtrise du Feu. La même campagne déconseille la bûche de nuit, air presque fermé : les émissions peuvent alors être multipliées jusqu'à 7 fois.
Un vieux poêle d'occasion est rarement une bonne affaire : la campagne rappelle que les anciens poêles ont en général moins de 50 % de rendement, contre 75 à 90 % pour les poêles et inserts à bûches récents. D'où l'intérêt d'une puissance bien calculée lors de la visite technique et d'un bois vraiment sec.
Ce qui pourrait bouger
Le règlement prévoyait son propre réexamen, à présenter au plus tard le 1er janvier 2024, pour décider s'il fallait durcir les exigences. Le dossier n'est pas clos. En septembre 2026, La Maîtrise du Feu indiquait que la Commission avait reporté une possible interdiction de mise sur le marché des poêles et chaudières à bois les plus polluants, d'abord envisagée pour 2027.
Pour l'instant, les seuils de 2015 restent ceux qui comptent. Le seul texte publié au Journal officiel qui modifie le règlement, le règlement (UE) 2016/2282, porte sur les tolérances de contrôle des autorités, pas sur les plafonds. Si un nouveau texte est adopté, nous mettrons ce guide à jour.
Sources, vérifiées le 16 octobre 2026
- Règlement (UE) 2015/1185 de la Commission du 24 avril 2015 (écoconception des dispositifs de chauffage décentralisés à combustible solide), JO L 193 du 21.7.2015, Commission européenne, Office des publications de l'Union européenne
- Règlement délégué (UE) 2015/1186 de la Commission du 24 avril 2015 (étiquetage énergétique des dispositifs de chauffage décentralisés), JO L 193 du 21.7.2015, Commission européenne, Office des publications de l'Union européenne
- Règlement (UE) 2016/2282 de la Commission du 30 novembre 2016 (utilisation des tolérances dans les procédures de contrôle), Commission européenne, Office des publications de l'Union européenne
- Arrêté royal du 12 octobre 2010 réglementant les exigences minimales de rendement et les niveaux des émissions de polluants des appareils de chauffage alimentés en combustible solide (texte consolidé Justel), SPF Justice, Moniteur belge
- Contrôle des règles environnementales par l'inspection fédérale de l'environnement, SPF Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement
- Se chauffer au bois, les bons gestes (22 bonnes pratiques), La Maîtrise du Feu (Région wallonne, AwAC, ValBiom)
- Quel avenir pour le chauffage au bois face aux normes européennes ? (3 septembre 2026), La Maîtrise du Feu (Région wallonne, AwAC, ValBiom)
- Foire aux questions, La Maîtrise du Feu (Région wallonne, AwAC, ValBiom)